3 À propos de l’auteur

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Aline Tosca est une sulfureuse auteur, à moins que ce soit ses histoires qui sont sulfureuses.Toujours est-il qu’il y a un vrai jeu de séduction dans son écriture. Elle nous parle d’amour. Du temps qui passe, aussi, mais qui n’efface pas les sentiments, la sensualité, bref l’amour qui était resté tapi au creux des cœurs, bien caché parfois, ne demandant qu’une étincelle pour jaillir en plein jour. Et c’est beau, très beau. Elle décrit avec ses mots simples, mélodieux, poétiques et puis crus aussi, parfois, des histoires qui sont les nôtres, finalement. Des histoires magnifiées par la magie de son écriture, qui nous emporte dans une musique un peu sauvage. Sensuelle et sauvage. Un chant du monde à sa façon.

Louis et Éva, un homme une femme, une romance d’aujourd’hui, on pourrait en faire un film ou une chanson, mais en même temps vos mots, le silence de la lecture, nous permettent d’être dans une plus grande intimité avec vos personnages. Comment écrivez-vous, comment est née cette histoire de retrouvailles plutôt atypique ?

Cela dépend des histoires et des codes que je souhaite utiliser. Pour les nouvelles érotiques, je veux camper rapidement des situations, des protagonistes et en venir au fait. Pour écrire Un homme, sur la photo, j’ai imaginé des plans, des scènes, laissé mûrir le scénario, j’ai attendu que les personnages soient « visibles », ensuite, je suis passée à l’écriture. Comment ? Comme on tourne un film. D’ailleurs, vous faites référence en clin d’œil à Un homme une femme. C’est de cette façon, intimiste, rapprochée, que j’écris. Mes personnages sont des gens comme vous et moi, ils ont leurs secrets, leurs blessures secrètes parfois, leur quotidien. Ils s’échappent en rêvant, en imaginant qu’il se passe ou peut se passer quelque chose qui va venir illuminer une journée, ou plusieurs. J’écris comme je parle, presque comme ça vient. Et je me débarrasse tout de suite de ce qui ne sert pas l’histoire. Je travaille le rythme seulement si je ne le trouve pas assez fort.

Cette histoire est née d’une idée. Je me suis demandé si le temps se rattrape, si lorsqu’on se souvient de quelqu’un on envisage les changements, les évolutions que le temps a imprimés. Et puis dans chaque femme il y a le souvenir indétrônable parce que sublimé, d’un premier amour. C’est la chose dissimulée en soi. Louis représente tous les premiers baisers, les premières émotions.

Éva, dans votre roman, est écrivain aussi, du moins elle écrit. Elle sème ses textes sur internet en espérant bien qu’ils vont attirer Louis jusqu’à elle. Pour vous, l’écriture, c’est une affaire de séduction, c’est un moyen de lancer des ponts vers les autres ?

Elle se sert du multimédia tout en le découvrant. Elle s’ennuie, alors elle s’inscrit sur un atelier en ligne et elle écrit, elle partage. Beaucoup, beaucoup de femmes écrivent, beaucoup d’hommes aussi. Cela peut être un loisir, comme le canevas, la peinture, la musique. Ces activités sont une évasion. Ou une occupation. Chez moi, c’est une occupation, dans le sens où l’écriture m’occupe, me préoccupe, me concerne. C’est là, très présent. C’est nécessaire. Pas obligatoire mais présent. Elle est bien sûr une affaire de séduction parce que si elle est forte, elle tient le lecteur jusqu’au bout de l’histoire. L’écriture porte l’histoire. En ça, il la faut vivante, vive, un peu nerveuse, un peu douce aussi, rythmée. L’écriture, c’est une expression.

Éva est bloquée par son quotidien, elle commence à écrire dans sa cuisine. C’est dans cette pièce chargée de symboles qu’elle commence sa quête : retrouver Louis.

Louis, c’est un personnage que l’on va retrouver dans vos autres publications à venir. Vous le déclinez de différentes manières. Il est l’homme qui fait rêver les femmes, un peu mystérieux, un peu inaccessible, et puis délicieusement sensuel. C’est votre homme idéal ?

Louis, c’est clairement un idéal de l’imaginaire collectif féminin. C’est un prince charmant rebelle, pas très riche, artiste, intelligent, sauvage, libre. Ce n’est pas le Christian de Fifty shades. Ses blessures sont réalistes, sa vie est réaliste. Le parti pris, c’est de faire rêver en ne sortant jamais du réalisme. Louis, on le croise dans la rue et on ne se retourne pas forcément sur son passage. Ce qui le rend si merveilleux, c’est le regard d’Éva et ce regard, amoureux, inconditionnel, c’est le regard dont rêvent tous les hommes ou presque. Louis, c’est un personnage qui me touche, qui me plaît, dont je ne me lasse pas. Louis me fait rêver. En revanche, Je n’ai pas d’idéal masculin, ce qui me fait trouver un homme beau, c’est l’homme rencontré, pas une image prototype. Louis est beau parce qu’il a des failles, un caractère (et un beau cul et des yeux à damner, oui, c’est vrai !) D’ailleurs, quand on le retrouvera dans d’autres publications, ce beau cul, ces beaux yeux, resteront une constante. Mais il sera de plus en plus difficile de le dévoyer…

Vous avez le don, en quelques mots, quelques phrases composées comme négligemment, de dérouler en arrière-plan de votre récit un paysage incroyablement réel, une atmosphère pleine de parfums, de sons, les calanques, la plage, Marseille, on y est, vraiment. On sent un vrai bonheur chez vous à nous faire partager la ville et les endroits qui vont abriter Éva et Louis. Cette région, quelle signification a-t-elle pour vous ?

Là aussi, vous voyez juste. Je laisse au lecteur le choix du lieu. Il voit une région, des calanques, il identifie Marseille, c’est possible. Chaque coin de calanque, chaque mètre carré de galet sont une niche, un abri envisageable. C’est ma région, je la connais par cœur ; je n’ai pas de mérite, elle m’est familière. Mais ça pourrait se passer, dans les landes, au secret des terres bordées de marais, la quête serait la même. Sauf que comme vous dites, j’ai un vrai bonheur à camper là, mes histoires. J’ai ce côté régional, ça me permet de dépayser le lecteur ou de le situer en terrain connu. Le deuxième dépaysement étant psychologique, porté par les personnages.

On va bientôt vous retrouver dans trois autres publications, dont une dans un registre bien plus torride. Et ensuite, d’autres projets ?

D’abord merci. Parce qu’une éditrice qui m’accorde tant de confiance, me laisse les mains libres de cette façon, c’est un trésor. Quand on a commencé à travailler ensemble, j’ai compris que je pouvais laisser libre cours, ça en était presque l’enjeu. Parmi les publications à venir chez Numeriklivres, il y a ce roman très hot, qui flirte de près avec les codes de la pornographie et qui se déroule en Camargue. Mine de rien, il a fallu un an pour l’écrire.

J’ai des projets en continu puisque j’écris des nouvelles pour les collectifs de la collection Osez 20 histoires de sexe des éditions de La Musardine. Sinon, j’ai bien envie d’écrire à nouveau un roman. J’aimerais qu’il soit épicé, drôle, moderne, sentimental… Et je vais me consacrer à la promotion des quatre ouvrages publiés chez Numeriklivres, parce que c’est aussi important que d’écrire, d’accompagner un livre.

DU MÊME AUTEUR

Hôtel de la plage, chambre 312

Louis dans mes rêves

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License

Un homme, sur la photo© 2013 par Aline Tosca et les Éditions Numeriklivres. Tous droits réservés.

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